présentation de notre projet

#1
Soucieux de revenir à des choses simples et efficaces, nous nous sommes lancés dans un projet de « maison en paille ». Nous avons quitté Moret pour FLAGY en 2010.

Pour nous il ne fait aucun doute sur les générations futures. Elles ne pourront pas continuer à vivre comme les deux ou trois générations précédentes et vont devoir affronter des difficultés de tout ordre. L'habitat en est un parmi d'autres....

Il nous paraissait intéressant d'apporter modestement quelques éléments de réponses à ce défit de l'avenir, ou tout du moins, susciter des réflexions chez nos enfants, nos amis, nos contemporains sur les autres voies envisageables de constructions et peut être même aider à ouvrir des pistes, là ou d'autres avant nous comme les autrichiens, les allemands, les canadiens, les américains, les belges, nous ont déjà précédés.

Une maison en paille donc, à ossature bois.....La paille, ce mot fait presque peur et l'histoire des « trois petits cochons » semble avoir vraiment traumatisée nombre de nos concitoyens tant elle nous est rappelée...
Mais au fond,qu'est ce qu'une construction en paille ?

Il existe différentes techniques de construction. Nous avons choisi une technique de structure « plate-forme poutre » dans laquelle les bottes de paille sont placées sur chant en colonnes dans l'ossature côté extérieur. La paille assure donc l'isolation et non pas la résistance mécanique du mur. Ces bottes sont protégées à l'extérieur par un bardage en CTBX peint.

Mais quel est l'intérêt d'une telle construction ?
Ce type de construction à la particularité d'être tout à la fois moins gourmande en énergie grise (énergie nécessaire à la construction des matériaux) et moins gourmande en énergie finale (énergie nécessaire à la gestion du bâtiment donc au budget de fonctionnement).

S'il existe bien de la maçonnerie traditionnelle, notamment au travers de la construction des fondations, ou du garage, l'ossature en elle même se compose de Pin Douglas, réputé pour sa résistance naturelle aux attaques du bois, et d'OSB. Ce dernier assure le contreventement et la rigidité de l'ouvrage. L'ensemble de la structure, réalisé préalablement en atelier, se compose de caissons assemblés ensuite sur le chantier dans laquelle viennent se loger les bottes de paille. Le Douglas vient de la région de MONTEL DE GELAT en Auvergne, et la paille de VILLEMER.

La maison est constituée d'environ 1400 bottes de paille d'orge d'hiver de 60 cm de long, une paille réputée pour ses longues tiges. Toutes les pailles sont acceptables. En revanche, elles nécessitent une hauteur de tige suffisante pour être pliée plusieurs fois dans la presse afin d'améliorer la résistance thermique et surtout faciliter la mise en œuvre car il est difficile une fois scinder en deux de reformer des bottes avec de la paille courte. Par ailleurs, pour les plus réticents, les bottes de paille ne sont attaquées ni par les rongeurs ni par les termites, et qui plus est, la paille est peu inflammable et brûle très mal en botte (elle se consume).

Utiliser un « déchet » comme matériaux avec un pouvoir d'isolation comparable à la laine de verre et une ossature renouvelable indéfiniment, tout en ayant une maison douillettement isolée, ne serait ce pas un atout pour l'avenir ?

Actuellement, il existe des règles très précises de mis en œuvre employées par les entreprises de construction en paille (mais oui, cela existe !). Il suffit de les intégrer intellectuellement et de les mettre en application. Facile à dire, pas si facile à faire....

Les travaux ont commencé en juin 2011. Nous sommes entrés pour Noël 2012. Tout n'était pas terminé, loin sans faut....

Ce fut une expérience humaine et technique fort intéressante. Si je devais donner quelques conseils : prendre son temps. J'ai mis 3 ans à étudier notre projet, je pensais avoir tout verrouillé à 90%. Ce fut le cas, sauf pour les prix. J'aurai pu gagner 10 % sur le prix des matériaux en fouinant et mettant en concurrence, notamment les marchands de matériaux traditionnels qui assassinent les autoconstructeurs. Prendre son temps également pour construire. Les conneries que j'ai pu faire ou les petits accidents avaient pour cause la précipitation ou l'envie absolu de finir avant telle date ou telle heure... C'est idiot, inutile de se mettre la rate au cour-bouillon, à l'échéance du projet cela na pas de sens.... Quand vous aurez compris cela vous aurez déjà fait un grand pas.....

Les résultats sont là. En moyenne, nous avons 120€ de chauffage/an et nous avons le sentiment de vivre dans une maison confortable où le taux d'humidité est très bas 40% (super pour les rhumatismes...).
Le 27 juillet 2019, nous avons relevé pour une température extérieure de 42.5°, une température intérieure de 24.5° avec un puits canadien et une VMC double flux.
Notre eau chaude est évidemment solaire et autovidengeable ce qui contribue à éviter le vieillissement prématuré du système avec un petit chauffe bain au propane en relais. Enfin nous récupérons notre eau de pluie. Elle est filtrée et réutilisée au mieux.
Notre maison a été labellisée BBC en 2013 par un organisme certificateur. Sans doute l'une des premières, si ce n'est la première, en France réalisée en autoconstruction
Il ne reste plus qu'à faire le grand saut vers l'"autonomie électrique virtuelle". Celle-ci devrait avoir lieu en 2020. La déclaration de travaux a été accordée. Les panneaux photovoltaïques et le matériel sont commandés. Y'a plus qu'à....

Si vous êtes intéressés, je peux peut-être vous apporter des réponses, notamment si vous êtes du Sud 77, ou des départements limitophes. Je vous invite à me laisser un message à l'adresse suivante : g.batut03@laposte.net (pas d’affolement, je ne réponds pas très vite, mais je réponds quand même...). Je vous invite également à aller sur mon site où vous trouverez pas mal de photos qui vous aideront à vous faire une opinion : http://deboisetdepaille.e-monsite.com/

Ah ! Au fait, dans l'histoire des trois petits cochons, ce n'est pas le vent qui pose problème mais le loup....

Gérard et Françoise BATUT
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